Assemblée Générale : les motions proposées par Ar Falz

Motion proposée par Per Rhun

Bretagne : identité et territoire

 

Chaque groupe humain tend à s'identifier à son territoire, à la fois élément de son patrimoine et support stable de ses activités. C'est pourquoi aucun Breton conscient de son histoire et soucieux de son avenir ne peut se satisfaire de l'actuelle région administrative de Bretagne parce qu'elle n'inclut pas Nantes et la Loire-Atlantique, territoires bretons depuis l'an 851, tout comme le Pays Rennais. C'est pourquoi aussi les associations culturelles ont toujours refusé de se plier au découpage régional arbitraire initié par le décret du 30 juin 1941 du gouvernement de Vichy.

A l'heure de l'Europe et de la globalisation des marchés, il ne peut s'agir de s'enfermer dans les frontières du Duché de Bretagne, mais de donner à la Bretagne sa véritable dimension territoriale pour qu'elle dispose de tous ses atouts dans l'Europe du XXIe siècle, à égalité avec les autres régions qui correspondent à leur territoire historique. On imagine pas un Pays de Galles sans Cardiff ou une Ecosse sans Glasgow. Pourquoi alors supporter une Bretagne sans Nantes ?

La réunification de la Bretagne, souhaitée par les Bretons (à 68 % en Loire-Atlantique, d'après le sondage TMO-Régions de mars 1999) se heurte au silence du gouvernement et des partis, un silence désespérant qui ne peut que renforcer la tentation du recours à la violence.

C'est pourquoi une association culturelle comme Ar Falz doit s'impliquer pour que le débat soit enfin lancé. Ar Falz appuie les efforts du Comité pour l'Unité Administrative de la Bretagne, auquel elle adhère, pour réunir les associations et institutions culturelles en vue d'une action concertée de grande ampleur.


Motion proposée par Paolig Combot

Pour une extension des compétences régionales de la Bretagne (5 départements) en matière de langues et de culture

 

Les accords de Matignon signés en juillet 2000 entre les élus corses et le gouvernement ouvrent des perspectives nouvelles en matière politique et culturelle : en effet, l'Etat reconnaît que les lois de la République peuvent ne pas être uniformes sur l'ensemble du territoire métropolitain, qu'elles doivent tenir compte de l'existence d'entités culturelles, et que les élus régionaux peuvent légiférer dans certains domaines.

Le mouvement culturel breton Ar Falz se réjouit de ces accords qui vont dans le sens de la démocratie : en rapprochant de la population les instances de décisions, on ne peut que développer chez les citoyens la conscience de leurs responsabilités.

Mais pour Ar Falz il est évident que ce transfert de compétences ne peut s'appliquer aux seuls Corses : les autres régions de France doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits ; sinon, les démocrates de ce pays considéreraient les avantages obtenus par les Corses comme une prime à la violence.

La Bretagne possède un patrimoine culturel propre menacé par plusieurs siècles d'oppression de la part de gouvernements centralisateurs, monarchiques et jacobins pour lesquels toute langue et culture régionale devait être combattue comme étant un obstacle au progrès.

L'Assemblée Générale d'Ar Falz, réunie à Carhaix le 31/08/2000 demande donc que le Conseil Régional de Bretagne soit doté de larges compétences et d'un réel pouvoir de décision :

Seul un tel transfert de compétences, entraînant une politique dynamique et volontariste de la part des élus régionaux assurera l'avenir de nos langues et culture.


(c) Ar Falz, Septembre 2000 -- Adressez vos commentaires à arfalz@yahoo.fr