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Débat sur le Traité Constitutionnel Européen

Pour le "OUI" : Jean-Jacques Monnier de l'UDB


Oui à une Europe politique

C’est avec conviction mais plein de doute sur l’efficacité du propos que je réponds à la sollicitation qui m’a été faite par Ar Falz de rédiger une tribune libre en faveur du " oui " au Traité constitutionnel européen ". Edgar Morin a tellement mieux dit ce que je pense (tribune libre du " Monde " du 11 mai 2005 ! Le texte imposant du projet de TCE comprend plein d’aspects positifs reconnus –notamment la charte des droits fondamentaux- et des aspects négatifs ou flous que beaucoup ont relevé. Un compromis ne met jamais tout le monde d’accord à 100%. Nous appliquons une constitution française qui est bien moins démocratique et qui a ajouté en 1992 à ses aspects autoritaires le monopole linguistique du français.

C’est donc le contexte qui éclaire l’opportunité du choix. Face à la réalité d’une mono- puissance et au chaos qui se développe dans une bonne partie du monde, l’Europe et le monde ont grand besoin d’une Europe politique, puisque les différents nationalismes, en particulier le français, ont empêché de la construire dès les années cinquante. Il n’est donc plus resté que l’Europe économique, avec ses réussites et les rapprochements qu’elle a permis. Avec ses contre-poids sociaux, notamment les fonds structurels, la politique régionale, la politique agricole, c’est-à-dire l’essentiel des aides reçues par la Bretagne et les autres régions périphériques depuis les années soixante.

Aujourd’hui, il faut mettre beaucoup plus en commun,, démocratiser les structures par le développement de l’Europe politique et militaire (eh oui ! Sinon, quelle est l’indépendance de l’Europe ?), faire participer les citoyens. Le TCE va dans ce sens. Il n’apporte que des améliorations, pas de reculs.

Certains ont toujours lutté contre la construction européenne : les communistes sont fidèles à leur ligne constante, liée à l’origine à l’alignement sur Moscou contrebalancé par un nationalisme intransigeant, après les errements de 1939-41. Le PC, comme l’extrême droite et les autres " souverainistes " ont toujours été contre l’Europe politique. Ils sont logiques, comme les trotskystes et les jacobins de toutes sortes. Toutes ces forces hétéroclites, qui véhiculent si bien l’idéologie française décrite par BH Lévy sont contre l’Europe et pour le centralisme monolingue à l’intérieur.

Les autres trouvent que la bouteille du TCE n’est pas assez pleine. Construire l’Europe, c’est rechercher les convergences, faire des compromis. Le monde a besoin d’un bloc européen puissant, démocratique, ouvert pour éviter le monopole étatsunien et les impérialismes régionaux qui se profilent, comme en Chine).

Tout cela exige que l’on ne prenne pas des années de retard dans une construction européenne qui est urgente pour la paix du monde. Les ultra-libéraux britanniques exultent déjà à la perspective du " non " français qui va rendre l’Europe plus libérale, c’est-à-dire moins présente et organisée.

Pour conclure, je préfère citer Edgar Morin :

" Un vote négatif aurait à mon sens des conséquences négatives. Il ne susciterait toutefois pas le chaos : nous y sommes ; il l'aggraverait sans doute, mais surtout il tuerait dans l'œuf l'Europe politique, seule condition pour que l'Europe devienne européenne. Alors apparaît clairement la question : l'Europe sera-t-elle européenne ou ne restera-t-elle qu'un souk commun ? "

 

Pour le "NON" : Alan J. Raude

(texte à paraître bientôt)


(c) Ar Falz, Mai 2005 -- Adressez vos commentaires à arfalz@yahoo.fr